Quand le digital s’empare des festivals

Aaah les festivals… Doux mélange de boue, de bière, de musique et de digital… DE DIGITAL !? Mais qu’est-ce-que le digital vient faire la dedans me diras-tu. En réalité c’est simple. Le numérique fait aujourd’hui partie intégrante de ces rituels annuels que sont les festosh. Petit tour d’horizon.

 

LES FESTIVALS AVANT L’ÈRE DU NUMÉRIQUE

Woodstock, Lollapalooza, Rock in Rio au Brésil, Montreux Jazz, Paléo… (pour ne citer qu’eux) on tous un point en commun : Ils ont fait leur première avant la révolution numérique.

En ce temps là, pas de Facebook, d’Instagram ou même de site internet pour communiquer. Tout se faisait de manière traditionnelle. Nous apprenions l’existence d’un festival en lisant la presse, en admirant l‘affiche de la manifestation au détour d’une rue ou avec ce bon vieux « bouche à oreille ». Pas de billetterie online, pas d’écrans géant derrière les artistes, pas d’application pour smartphone spécialement conçue pour la manifestation, etc…

Cependant, le numérique a très rapidement fait son apparition. Dès les années 60 – 70, la télévision jouait déjà un rôle important dans la promotion et l’archivage de tels événements. Des reportages, des interviews et des concerts sont filmés puis, pour certains, retransmis à la télévision.

Je te laisse te dandiner sur cet extrait du concert de Santana, à Woodstock en 1969.

LES FESTIVALS AUJOURD’HUI

Annonce du Programme

Pour annoncer leur programme, chaque festival a plus ou moins sa propre manière de faire. En voici deux exemples :

Caribana à récemment annoncé les 8 premiers artistes qui seront présents. Les organisateurs ont créé une vidéo qu’ils ont partagée sur Facebook.

Paléo à cette année annoncé tout les artistes en même temps. Ils ont posté l’annonce sur Facebook et sur Instagram.

Screenshot_Facebook

Caribana – Annonce du programme

Screenshot Facebook

Paléo – Annonce du programme

Pendant le festival

Réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont également très utilisés pour annoncer d’autres nouvelles comme l’annulation d’un concert, un changement d’horaire, de scène…. En 2011, Amy Winehouse devait se produire sur la grande scène du Paléo. Je m’apprêtais à prendre place sur l’immense terrain qui accueil les spectateurs jusqu’au moment où je reçois une notification sur mon téléphone. Amy Winehouse est retrouvée morte, dans son appartement.

Beaucoup de contenu est partagé sur les réseaux pendant le festival. Coachella en est un bon exemple. Avec une stratégie de Celebrity Marketing ou Marketing d’influence, les stars telles que Katy Perry, Beyoncé ou Kate Hudson se rendent au festival, souvent en tant qu’invité, et poste quelques photos ou vidéos sur internet. Ces dernières sont vues, likées et partagées, plusieurs centaines de milliers de fois.

Vanessa Hudgens coachella

Vanessa Hudgens à Coachella (Instagram)

Bracelets connectés

Les bracelets connectés sont la grande tendance de ces dernières années. Non, je ne parle pas de ta montre qui sait combien d’heures de sommeil tu as dormi et combien de calories tu as dépensé. Je parle du bracelet avec lequel tu n’as plus besoin de te préoccuper de tes tickets. Ce bracelet qui te permet de laisser ton porte-monnaie au vestiaire. Celui qui te connecte au monde entier par un simple clique. Le bracelet connecté pour festival.
Intellitix, Bring et PayingTech proposent tous différentes solutions telles que le Cashless (payement dématérialisé). Selon leur site internet, Intellitix a reçu le Prix du « Meilleur fournisseur de technologie », en 2016 à l’occasion de la cérémonie des Event Production Awards de Londre et est classé parmi les « 10 meilleures sociétés les plus innovantes du monde » dans le domaine de l’événementiel. En utilisant la technologie RFID (Radio Frequency Identificaton), Intellitix permettent au détenteur du bracelet de :

  • Entrer au festival : Le bracelet remplace les billets traditionnels
  • Payer sans cash (Cashless) : Un simple contact avec les bornes installées à chaque bar, boutique et restaurant suffit pour que le payement soit effectué.
  • Garder contact avec d’autres festivaliers via Facebook : La vidéo ci-dessous, faite par Tomorrowland, explique le fonctionnement.

Quels en sont les avantages pour les festivaliers ?

Premier avantage, le Cashless. Plus besoin d’avoir plein de cash sur soit, le risque de vol est donc diminué. Si tu ne souhaites pas utiliser tout l’argent que tu as mis sur le bracelet, le retour se fait « en cash sur place, par virement bancaire ou via l’application mobile du festival », selon la TDG. Deuxième avantage, la rapidité. Moins d’attente à l’entrée du festival, aux stands de nourriture et aux bars. Et le troisième, si tu rencontres la femme ou l’homme de ta vie mais que vous n’avez plus de batterie sur votre téléphone, pas de panic. Votre bracelet fera le boulot.

Et pour les festivals ?

Le premier avantage est celui du temps d’attente aux bars. Moins d’attente se traduit par plus de vente, un meilleur flux de personne et plus de festivaliers contents. Cela peut également faciliter la gestion du stock. En effet, la technologie utilisée permet d’obtenir des informations en temps réel et de réagir rapidement pour anticiper une rupture de stock.

« Ce système facilite le travail du personnel des bars et stands – plus rapide, pas besoin de compter de la monnaie, fiable – mais offre aussi une sécurité sur l’ensemble du festival », explique Valérie Jacquier (porte parole de Rock oz’Arènes) dans l’interview avec la TDG.

Si cette technologie est utilisée de manière intelligente, elle pourrait se révéler très intéressante pour les festivals. En effet, le bracelet est connecté au compte Facebook de son propriétaire, le festival aurait donc accès à une partie des informations personnelles de toutes les personnes qui ont connecté leur bracelet à leur Facebook. Imagines maintenant que le bracelet soit géolocalisé. Les responsables de la manifestation connaîtraient tout les déplacements effectués. Ils sauraient quelles sont les zones les plus fréquentées et comment faire pour homogénéiser les flux de personnes. Ces données peuvent donc être récoltées, analysées et utilisées pour se perfectionner chaque année et améliorer l’expérience des festivaliers.

Communication Post-Event

Là encore, les réseaux sociaux jouent un rôle primordial. On peut y voir des photos et vidéos de différentes ambiances, des concerts, des interviews etc. C’est entre autres grâce à tout ces postes qu’ils arrivent à garder un lien fort avec les festivaliers, dans le but de les faire revenir les années suivantes, avec tout leurs amis. Cela créer une sensation de nostalgie très forte. Tomorrowland a parfaitement su en tirer parti. Par exemple, avec plus de 147’232’000 vues sur Youtube, l’Aftermovie de 2012 a créé un véritable buzz. Je me rappelle de la réaction de beaucoup de monde en la regardant. Nous étions tous nostalgique d’un festival que nous connaissions que via cette vidéo et notre première réaction était « Incroyable, l’année prochaine j’y serai, c’est sûr !! ». Même des personnes qui n’aimaient pas du tout ce genre de musique se retrouvaient à faire la course aux billets pour l’année 2013. C’est donc un bon exemple du pouvoir que peut avoir une vidéo bien faite et relayée sur la bonne plateforme . Tu trouveras cette vidéo ici.

Et pour finir…

La boucle est bouclée. De la communication Pré-Event à la communication Post-Event, en passant par les technologies utilisées directement sur le terrain, le digital à su s’imposer comme une arme de choix pour le développement et la pérennisation des festivals. Je suis pour la digitalisation mais je souhaiterais tout de même que l’on garde à l’esprit la première raison pour laquelle le public se réuni chaque année ; la musique. En effet, beaucoup de personnes se rendent dans tel ou tel festival après avoir vu les Aftermovie (par exemple), mais malheureusement ils n’apprécient même pas nécessairement la musique qu’il y passe. Expérience faite, cela peut empêcher une bonne symbiose entre les artistes et le public. Et je trouve cela bien dommage parce qu’au finale, la musique est l’âme d’un festival.

Ce poste n’est de loin pas exhaustif. Il existe une multitude de festivals qui ont leur propre univers et leur propre stratégie. Il y a également beaucoup d’autres aspects que je pourrais développer, comme la billetterie online, les écrans géants qui ornent certaines scènes ou les performances holographiques mais un simple article comme celui-ci ne suffirait pas à tout couvrir.


Source image « à la une » : Woodstock.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s